Réflexion à chaud après le suicide du frère Philippe Dockwiller

Je ne connaissais pas le frère Philippe Dockwiller. Je renvoie à la page du site des éditions de la Licorne qui le présentent, page qui plaide en faveur de ses qualités morales et intellectuelles :

http://www.editionsdelalicorne.com/page90.html

Je sais que le suicide est, pour tout croyant, quelle que soit sa religion, un acte grave, un péché. Cela donne une mesure du désespoir du frère Philippe Dockwiller, de l’intensité de l’accablement qui l’a poussé à franchir cette ligne irréversible. J’éprouve une grande pitié non seulement pour cet homme, mais pour les parents du garçon qui ont porté plainte contre lui, et pour ce garçon lui-même : je préfère ne pas imaginer ce qui se passe dans sa tête après le suicide du prêtre qu’il a accusé.

Loin de moi la volonté de minimiser et encore moins de nier le traumatisme que peuvent engendrer chez un jeune garçon des gestes, des spectacles, ou des réflexions déplacées. Mais la société ne prend-elle pas une part considérable dans ce traumatisme, ne l’accroît-elle pas si, au lieu d’en réduire la portée en tenant un discours apaisant, elle procède à de véritables campagnes culpabilisantes qui noircissent à outrance l’âme de prétendus « corrupteurs » ? Et dans ces tristes campagnes de presse, l’Église joue-t-elle son rôle en aboyant avec les chiens ?

Jean-Claude Féray

Bulletin trimestriel n° 3

Sommaire du Bulletin trimestriel n° 3 de 2016 BTQ-F3

Pour BTQ-F3

[Sculpture] – À propos du Vainqueur de Thabard : un horrible contresens à éviter absolument.

[Histoire de la psychiatrie et de l’homosexualité]Des Aberrations du sens génésique (1880) de Paul Moreau de Tours.

[Histoire de la psychiatrie et de l’homosexualité] – Le premier Prix Moreau de Tours : candidature malheureuse de la thèse de Julien Chevalier sur l’inversion de l’instinct sexuel.

[Littérature] – Achille Clarac (Saint Ours), un écrivain plus que méconnu : injustement ignoré.

[Mythologie grecque] – Une parabole morale pédérastique : Promachus et Leucocomas [Mythe recomposé par Andrew Calimach].

[Romans « gay » classiques]Imre d’Edward I. Prime-Stevenson enfin traduit en français.

Notice biographique sur Julien Chevalier (1860-1943) revue et corrigée

L’un des articles du Bulletin trimestriel Quintes-feuilles n° 3 (à paraitre au milieu du mois d’août prochain) traitera de la candidature de la thèse de Julien Chevalier au prix Moreau de Tours. Ce prix venait tout juste d’être créé, et le concours était ouvert pour la première fois. Trois thèses y furent présentées, dont celle de Chevalier sur « l’inversion sexuelle ». Rappelons qu’il s’agit de la première thèse médico-légale de l’histoire moderne sur l’homosexualité (1885). L’argumentation par laquelle cette thèse ne reçut pas même un encouragement au prix Moreau de Tours présente l’intérêt d’exposer la première manifestation d’une opposition radicale entre deux écoles : l’école neuro-psychiatrique parisienne dominée par Jean-Martin Charcot (1825-1893) et l’école d’anthropologie criminelle créée par Alexandre Lacassagne (1843-1924).

Cet article du BTQ-F n° 3 justifie une révision de ma notice biographique sur Julien Chevalier publiée en 2000 dans la revue Capri, Zeitschrift für schwule Geschichte (n° 29, pp. 21-22).

Je remercie à cette occasion et Mme Marijo Donnadieu, co-présidente du cercle généalogique romanais, et Mmes Bernard et Feugier du même cercle, pour leur collaboration. En explorant notamment la généalogie de Julien Chevalier sur plusieurs générations, elles ont démenti l’hypothèse que j’avais formulée d’un possible lien entre ce médecin militaire et les différentes notabilités de la ville de Romans portant le patronyme de Chevalier. Je remercie aussi le Dr Jean-Paul Luauté, de Romans, qui m’a mis en relation avec le cercle généalogique romanais pour cette recherche. En outre, Mme Marijo Donnadieu a fait ressortir un détail qui n’est pas sans intérêt en raison du discours psychiatrique de l’époque sur l’homosexualité et des théories de la dégénérescence alors en vogue, ainsi qu’en raison du choix de la carrière de Julien Chevalier : l’acte de mariage, en 1854, des parents de Julien Chevalier précise que la mère de l’époux est absente et dans l’impossibilité d’exprimer son consentement, en raison d’un internement en maison de santé pour maladie mentale.

Julien Chevalier Notice biographique

Un communiqué de l’inspecteur Lisaneur

L’inspecteur Lisaneur informe les lecteurs du roman La Friponnière

(https://www.quintes-feuilles.com/La-Friponniere/)

qu’il n’existe aucune relation entre l’assassinat narré dans l’œuvre de fiction dont il est l’un des héros et le double assassinat qui s’est déroulé cette nuit à Pantin, dans le quartier La Courtilière :

http://www.leparisien.fr/seine-saint-denis-93/pantin-deux-femmes-poignardees-a-mort-un-homme-arrete-10-07-2016-5957499.php

Du nouveau sur François Roch Ferré

Registre écrou

Registre d’écrou de la ville de Châteaudun

François Roch Ferré est cet instituteur, arrêté en 1842 pour attouchements sexuels sur ses élèves, que les éminents aliénistes Alexandre Brierre de Boismont, Guillaume Ferrus et Achille-Louis Foville ont examiné dans le cadre d’une contre-expertise passionnante, laquelle a été publiée dans le premier numéro des Annales médico-psychologiques.

Le cas de François Roch Ferré a été depuis abondamment cité (notamment par Michel Foucault ; Jean-Marie Besset a rédigé une pièce de théâtre au sujet de l’expertise psychiatrique de Ferré) et je lui ai moi-même consacré un article dans la série des six grands procès du XIXe siècle qui ont marqué l’histoire de l’homosexualité (cf. BMQ-F d’avril 2014), en essayant d’apporter des éléments nouveaux.
Hélas, en raison de la destruction (inexplicable) des archives de justice de Chartres et de celles de Châteaudun par un bombardement au cours de la Seconde Guerre mondiale, je n’ai pu disposer comme élément nouveau que du registre d’écrou de la maison d’arrêt de Châteaudun.

Une clé pour retrouver l’État civil de François Roch Ferré dont je découvrais que François était le prénom usuel (et non pas Roch), était la commune de sa naissance, située en Eure-et-Loir. Or, cette clé, comme on peut en juger sur la reproduction ci-dessus, était illisible : on devinait quelque chose comme Myhirnan ou Myhirneun, noms de communes qui n’existent pas.
Le cas de cet instituteur était suffisamment remarquable pour déployer quelque énergie afin de connaître son destin ultérieur. Qu’est devenu ce personnage, capable de tenir des discours libertaires et déconcertants sur la sexualité et tenu pour fou par les aliénistes de son temps ?
Voici des éléments nouveaux dont l’un est suffisamment étonnant pour être susceptible de permettre un réexamen du cas de François Roch Ferré. Lire la suite

Bulletin trimestriel n° 2

image du BTQ-F2

Sommaire du Bulletin trimestriel n° 2 de 2016 BTQ-F2

[Histoire de la littérature et de la musique] – Un génie méconnu : Jean Barraqué (1928-1973).

[Libre expression] – Une analyse historique du sigle LGBT par David Thorstad.

[Arts] – Quelques sculptures garçonnières du comte d’Astanières.

[Journalisme et littérature] – Actualité de Jean de Bonnefon.

[Art et littérature] – Les relations inamicales de Gaston Goor, illustrateur de L’Étoile du soir, avec Henry de Montherlant.

[Libre expression] – Lettre ouverte aux catholiques au sujet de leur erreur stratégique fondamentale sur la question de la pédophilie, par L. K.

Dernier titre paru :

couverture KervranLes dix et une nuits de Jean Barraqué et Michel Foucault à Trélévern
par
Christian-François de Kervran

Au printemps 1952 le philosophe Michel Foucault et Jean Barraqué, compositeur de musique sérielle, passent onze nuits au bord de mer dans le village de Trélévern (Côtes-du-Nord). Ils sont jeunes, respectivement vingt-six et vingt-quatre ans et encore inconnus. En 1951 Foucault a été reçu à l’agrégation de philosophie. En 1952 il obtient un diplôme de psychologie pathologique. Barraqué vient d’achever l’écriture de sa Sonate pour piano commencée deux années auparavant.
Barraqué est pratiquement un enfant du pays et il fait découvrir sa Bretagne au poitevin Foucault. Ils sont amis depuis quelques mois seulement. La liaison, passionnelle et orageuse, de ces deux écorchés, dont ce texte fait résonner quelques échos, durera jusqu’en 1956, Barraqué prenant l’initiative de la rupture.
D’après documents et témoignages familiaux, l’auteur, tout en restituant les pompes et les œuvres de ce coin de Bretagne au tout début des années 50, fait valoir les paris idéologiques et culturels, entre doutes et espoirs, des jeunes Foucault et Barraqué, qui, malgré leur actuelle différence de notoriété, deviendront tous deux d’importants novateurs dans la pensée et dans l’art du XXe siècle.

Christian-François de Kervran est le pseudonyme d’un universitaire et essayiste, fin connaisseur de la Bretagne et de son folklore. Il a publié des études sur poètes et romanciers de l’Ouest, entre autres Tristan Corbière, Max Jacob et Henri Queffélec.

À propos du Bulletin mensuel de décembre 2015

Plusieurs internautes nous ont signalé ne pas pouvoir télécharger le bulletin mensuel de décembre 2015. Nous avons examiné ce problème fâcheux, qui se posait avec quelques navigateurs et pas avec d’autres, et pensons l’avoir résolu aujourd’hui.
Il en va du reste de même pour le fichier « Xavier Mayne, romancier français ? » qui est désormais téléchargeable quel que soit le navigateur utilisé.
Merci aux internautes qui nous ont signalé ces problèmes et merci d’avance à ceux qui nous signaleraient toute difficulté de même nature.

NB : Dans l’article nécrologique du BTQ-F 1 concernant Willem van der Molen, le lapsus calami « pasteur Edouard Brongersma » au lieu de « sénateur Edouard Brongersma » n’a été corrigé que le 5 mars 2016.
La Bibliothèque de Willem van der Molen a été léguée non pas à la Bibliothèque Royale de La Haye, mais à la bibliothèque et archives spécialisées Homodok à Amsterdam. Cette information a été corrigée dans le BTQ-F 1 le 21 mars 2016.

Bulletin trimestriel n° 1 de 2016

BT1
Sommaire du BTQ-F 1

[Histoire des mœurs] – Un passage sur les mœurs turques de l’Icon animorum (1614) de Jean Barclay.

[Histoire de la littérature et des arts] – Pablo Picasso et Max Jacob : un couple homosexuel ? Par Christian-François de Kervran.

[Nécrologie] – Willem Juurdsz [Guillaume] van der Molen (1940-2015) et la question du suicide médicalement assisté.

[Recension] – Jacques d’Adelswärd-Fersen – J.A.F. persona non grata par Gianpaolo Furgiuele. Éditions Laborintus, 2015, 313 p.

[Récit de Pierre Fuzel] – Nouveau regard sur le mythe de Peter Pan. – Anamnèse III : La voix.

Xavier Mayne, romancier français ?

❀ Nouveau : L’article concernant Xavier Mayne (pseudonyme d’Edward I. Prime-Stevenson) paru dans le premier numéro de la revue Inverses en 2001 (p. 47-57) et signé Raimondo Biffi & jean-Claude Féray est téléchargeable gratuitement ici :

XM romancier fr.

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