Bulletin Hors-série n°9

Comme annoncé, le Bulletin Q-F hors-série n° 9 est consacré au Français d’Algérie qui a fait l’objet d’un rapport d’expertise psychiatrique par les docteurs Pacotte & Raynaud, d’Alger, en 1895.

Identifier le paidéraste décrit sous X… par Pacotte et Raynaud répondait à deux objectifs :

1°) Connaître son sort après son internement à l’asile d’aliénés d’Aix-en-Provence et examiner plus sérieusement sa condition mentale, grâce aux données que la loi de 1838 fait obligation d’enregistrer pour chaque patient interné.

2°) À la lumière de ces données, permettre un jugement sur le rapport des deux médecins en le replaçant dans son contexte : l’état de la psychiatrie dans l’Algérie coloniale à la fin du XIXe siècle.

Le  paidéraste examiné par les docteurs Pacotte & Raynaud s’appelait Joseph Charrier.

Notre exposé comporte les quatre paragraphes suivants :

1 – Faits, acteurs, contexte.

2 – Un autre regard sur ce que le rapport nomme « Antécédents héréditaires ».

3 – Psychologie de Joseph Charrier notamment dans ses interactions avec les médecins.

4 – Destin de Joseph Charrier après le rapport d’expertise Pacotte & Raynaud

Par ailleurs, le bulletin fournit une notice biographique sur les médecins François Pacotte ; Lucien Raynaud ; Charles Trabut ; Eugène Battarel ; Joseph Levet ; Paul Gérente ; Édouard Dauby ; Abel Meilhon ;  François-André Chevalier-Lavaure.

Le Bulletin h-s n°9 avec illustrations est un fichier PDF de 17, 3 Mo.
Pour les lecteurs dont l’accès au réseau Internet est lent, nous proposons le bulletin sans illustrations, beaucoup moins lourd : 524 Ko.
Bulletin h-s n°9 (avec illustrations)
Bulletin h-s n°9 texte seul (sans illustrations)

Le « cas Pacotte & Raynaud » enfin identifié et sa fin tragique révélée

En 1895, les Drs Pacotte et Raynaud publièrent dans les Archives de l’Anthropologie criminelle l’expertise médico-légale d’un cas de « paidérastie » extrêmement intéressant à plus d’un titre.

En premier lieu, ce cas amena R. von Krafft-Ebing à penser que sa « description princeps » de la pédophilie hétérosexuelle qu’il nomma paidophilia erotica avait une contrepartie homosexuelle (et en l’occurrence rigoureusement homosexuelle).

En second lieu, l’observation des deux experts Pacotte et Raynaud concerne un homme intelligent et éduqué, un «  littéraire », qui tenta de plaider, pour son cas, l’irresponsabilité pénale, soulevant ainsi un débat sur lequel Claude-François Michéa s’était exprimé relativement à François Bertrand (le « sergent nécrophile ») : vaut-il mieux être condamné par la justice comme responsable de ses actes, puis reprendre une vie normale après avoir purgé sa peine, ou mener une existence misérable en asile psychiatrique parce que l’on a été tenu pour totalement irresponsable de ses méfaits ?

En troisième lieu, une étude de la vie de ce paidéraste permet d’entrevoir une page de l’histoire coloniale française en Algérie, dans ses aspects médicaux et sociologiques : la famille du « patient Pacotte & Raynaud » s’était installée en Algérie dès les début de cette aventure coloniale, dans la première moitié du XIXe siècle. Or, beaucoup d’études contemporaines examinent l’histoire de la psychiatrie en Algérie coloniale sous l’angle politique, très à la mode, de la mentalité du colonisateur en relation avec un peuple jugé par lui inférieur. C’est dire que le cas d’un Français né en Algérie et traité par des aliénistes français n’intéresse aucun historien contemporain : un motif supplémentaire, pour moi, de me pencher sur le cas de ce paidéraste.

On apprendra par exemple la fondation, en 1893, de la première maison de santé en Algérie, à Saint-Eugène, sur les hauteurs d’Alger, dans la vallée des Consuls, à quelque pas de la fameuse basilique Notre-Dame d’Afrique.

Dans leur rapport médico-légal, les Drs Pacotte et Raynaud ont fourni de nombreux éléments biographiques sur leur patient et sa famille. Ces éléments permettaient d’espérer identifier ce paidéraste afin d’en apprendre davantage sur son histoire après son internement à l’asile d’aliénés d’Aix-en-Provence – dernière information apportée par les médecins dans leur article.

Le rapport des deux experts peut être lu ici.

Afin d’accéder au dossier du « cas Pacotte & Raynaud » interné à l’asile d’aliénés d’Aix-en-Provence, il fallait en premier lieu trouver son identité. Ce n’était pas chose aisée, mais c’est aujourd’hui chose faite, avec certitude.

Le prochain Bulletin Quintes-feuilles hors-série sera consacré à ce paidéraste, poète de l’enfance garçonnière, à la triste existence et à la fin tragique.

Jean-Claude Féray

Bulletin trimestriel Q-F n° 19

Sommaire du BTQ-F 19  (13,5 Mo)

[Histoire des mœurs] – Deux clés de l’enquête de Marcel E. Grancher sur les homosexuels lyonnais dans les années 1930 et une lettre inédite de Renaud Icard d’une grande dignité qui révèle les dessous d’une affaire lyonnaise retentissante.

[Histoire de l’éducation] – Le décor du Secret de Geri : le prestigieux pensionnat Saint-Michel de Fribourg.

[Terminologie et sexologie] – Le désir de ressentir. Par June Bonnemain.

[Argot, mœurs, légendes ] – Les « soupeurs » des pissotières : réalité créée par suggestion ou « légende urbaine » ?

[Jugements littéraires] – Les mots acerbes du pamphlétaire Léon Bloy sur Paul Bonnetain.

 

La découverte des cellules F de l’homosexualité masculine

Couverture de La découverte des cellules F

Qui, aujourd’hui, connaît Eugen Steinach ? Ce savant autrichien, plusieurs fois proposé pour le prix Nobel de médecine, a pourtant connu son heure de gloire autour des années 1920-1930. On lui doit des travaux très estimables en endocrinologie.

On lui doit aussi, malheureusement, deux fourvoiements : une petite opération chirurgicale censée rajeunir le corps de l’homme ; et la « découverte » de Cellules F dans les testicules d’homosexuels. Une « découverte » qui intéressa beaucoup Magnus Hirschfeld, parce qu’elle permettait d’expliquer scientifiquement l’homosexualité masculine.

Ce petit livre (87 pages) retrace une mésaventure scientifique qui ruina la vie d’une bonne poignée d’homosexuels candidats volontaires à un traitement de leur homosexualité.

[Cliquez sur l’image pour accéder à la page de présentation du livre.]

Bulletin trimestriel Q-F n° 18

Sommaire du BTQ-F 18  (16,1 Mo)

[Homosexualité et biologie] – La castration des délinquants sexuels dans les années 1930 : à propos d’un cas de récidive après émasculation totale et les questions que ce cas soulève.

[Sculpture et poésie] – Un poème inédit de Renaud Icard : L’Adieu à l’Age d’Airain.

[Lexicographie] – Le mot pathicus en français et son unique dérivé, pathicisme, occasions d’un avis de recherche : mais qui était donc Aspaïs Jean Benoît BEAU ?

[Nouvelle ] – Les rencontres d’Ornicar.

[Biographie] – Une hypothèse absurde : un « pacte de suicide » pour expliquer la mort dramatique d’Alain-Philippe Malagnac.

NB : les lecteurs qui ont téléchargé le Bulletin trimestriel n° 18 peu de temps après sa mise en ligne doivent savoir que des coquilles ont été corrigées par la suite (merci de ne pas nous en tenir rigueur). La dernière version corrigée date du jeudi 23 avril 2020 (18 h).

Bulletin trimestriel Q-F n°17

Bertrand de LessepsSommaire du BTQ-F 17  (12,4 Mo)

[Histoire des mœurs] – Est-il vrai que les soldats français dormaient à deux dans le même lit, et cela jusqu’à la Restauration, sous Charles X ?

[Libre expression] – D’autres ancêtres à l’andréraste, par June Bonnemain.

[Art du portrait (photographique ou peint)] – Pourquoi le charme d’un portrait d’enfant est décuplé lorsqu’il s’agit d’une photographie ancienne.

[Histoire des mœurs] – Un « grand de Venise » enfermé dans un sac et jeté à la mer pour crime de sodomie en 1773 ?

[Récits de voyage] – De jeunes et jolis garçons farouches au point de devenir meurtriers : témoignage de Jean-Baptiste Tavernier.

Bulletin hors-série n°8

Gourlier : La route de là-basNombre d’internautes ont réagi à la parution d’un bulletin hors-série consacré à la mémoire de Michel Gourlier en témoignant qu’ils avaient eux-mêmes collecté – et souvent  de longue date – diverses informations sur la vie ou sur l’œuvre de cet artiste talentueux.

Grâce aux éléments qui nous ont été transmis, il nous est possible d’ajouter à l’hommage rendu par le bulletin hors-série n°7 une sorte de supplément, qui constitue le nouveau Bulletin h-s n°8 (13,8 Mo).

NB : Des doutes au sujet de l’attribution des couvertures de la revue Bayard à Gourlier m’ont été signalées : l’une de ces couvertures est de Paul Durand :

https://www.pauldurandillustrateur.fr/revues-bayard.html

Autre Erratum : un copié-collé malencontreux a fait apparaître p. 9 de ce hors-série n°8 le titre erroné Les Enfants d’Édouard en lieu et place des Fils de Christian. Toutes nos excuses auprès de nos lecteurs qui se sont inutilement interrogés sur ce titre erroné.

Plutôt que de retravailler la liste provisoire des illustrations réalisées par Gourlier que nous avons mise en ligne au début de ce mois, il était plus simple pour nous de fournir la liste qu’un admirateur de Gourlier nous a fait parvenir. Il s’agit d’une liste structurée « hors collection scoute » que nous mettons en ligne avec l’autorisation de son auteur :

Liste par éditeur et par collection des illustrations de Gourlier

Hommage à Michel Gourlier

Jory ?
Nous avons souhaité rendre hommage à Michel Gourlier décédé le 28 septembre de l’année dernière par un Bulletin Q-F hors-série.

Comme ce bulletin, qui porte le n°7, occupe déjà 16,9 Mo, nous avons préféré composer un fichier séparé avec la liste des ouvrages (plus de 200) illustrés par Gourlier. Les réalisations de l’artiste y sont rangées par ordre chronologique, avec le nom du  romancier puis celui de l’éditeur.

BQ-F-HS7   (16,9 Mo)

Œuvres illustrées par Michel Gourlier  (1,9 Mo)

Nous remercions d’avance les lecteurs qui apporteront leurs corrections, ajouts ou remarques à cette liste chronologique ainsi qu’au Bulletin hors-série.

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