Bulletin trimestriel Q-F n° 22

Garçon à la flûte d'Auguste Maillard

Sommaire du BTQ-F 22 (21,5 Mo)

[Histoire de la littérature et de l’édition] – Autour des fiançailles, au Paradou, de Georgette Charpentier avec Abel Hermant : Hermant, avant la moustache-guidon.

[Sculpture] – L’art funéraire d’Auguste Maillard, à propos d’une curieuse statue présente au nouveau cimetière de Neuilly.

[Édition ] – Transmettre le flambeau en langue espagnole : l’ambition d’une jeune maison d’édition, l’association culturelle Amistades particulares.

[Littérature] – Une recension et un extrait de la nouvelle De jeugd van Judas (La Jeunesse de Judas) de Jef Last, non encore traduite en français. Par Olius Belombre.

 

Bulletin Q-F hors-série n°10

Saint-SaënsCamille Saint-Saëns intime, pour tordre le cou à la légende d’un « Saint-Saëns homosexuel »

Ce bulletin hors-série fait le point sur les éléments de la vie de Camille Saint-Saëns qui ont pu conduire les contemporains à se méprendre sur l’absence de cœur ou de sensibilité de l’homme. L’objectif initial était d’établir une comparaison avec le sort que la postérité a réservé à Abel Hermant.

La légende d’une sécheresse d’âme n’est pas la seule qui se soit construite autour des personnalités de Saint-Saëns et d’Hermant. Mais si l’homosexualité d’Abel Hermant est avérée, celle de Saint-Saëns ne l’est pas du tout. Ce bulletin a donc aussi pour objectif de tordre le cou à la légende « Saint-Saëns homosexuel » répétée par paresse et ignorance – quand elle ne fournit pas matière à une surenchère involontairement comique.

Hommage à Camille Saint-Saëns dans un prochain bulletin hors-série

Camille Flammarion et Camille Saint-SaënsLe 28 novembre 1888, Camille Saint-Saëns accompagna à l’orgue de l’église Saint-Thomas d’Aquin le mariage religieux de Georgette Charpentier avec Abel Hermant. Ce dernier, qui n’était pas superstitieux (il l’a écrit, en ajoutant un : mais… suivi d’anecdotes étranges) n’imaginait pas qu’il allait partager avec Saint-Saëns un fatum commun : Saint-Saëns avait perdu en 1878, coup sur coup, deux enfants, après quoi il s’était séparé de sa femme et vécut librement, alimentant ainsi des bruits sur son « homosexualité  ». Abel connut le même sort : il perdit son fils légitime en 1891 après avoir perdu, début 1888, une fille naturelle. Il se sépara de sa femme et vécut aussi très librement. Camille et Abel produisirent chacun une œuvre abondante (précoces tous deux, ils moururent tous deux nonagénaires) et partagèrent une réputation d’insensibilité, de dureté, à l’opposé de leur véritable nature. C’est ce que je m’appliquerai à démontrer pour Camille Saint-Saëns, après l’avoir fait dans un essai pour Abel Hermant.

On commémore cette année le centenaire de la disparition de Camille Saint-Saëns (mort à Alger le 16 décembre 1921), et Q-F apportera ainsi une toute petite pierre aux différentes cérémonies qui marquent cette commémoration en 2021.

La photo ci-dessus représente deux Camille : Flammarion aux côtés de Saint-Saëns. Tous deux furent présents au mariage religieux d’Abel Hermant. On sait que Saint-Saëns, intellectuellement très doué, fut un astronome amateur, ce qui explique son amitié pour Flammarion.

Bulletin trimestriel Q-F n°21

Sommaire du BTQ-F 21 (25,5 Mo)

[Lexicographie] – Le mot Lapin dans le jargon des écolier, du XIXe siècle jusqu’au milieu du XXe siècle.

[Peinture] – Un portrait oublié de Jacques d’Adelswärd-Fersen : un pastel datant de 1901 signé Émile Schuffenecker.

[Histoire des mœurs ] – Un témoignage sur la pédérastie en Chine recueilli en 1902 et 1903 par Georges Hérelle.

[Sculpture] – À propos de la couverture de L’Affaire Jeanson : filiation entre statuaires italiens, français et portugais.

 

Annonce : une affaire criminelle qui a ébranlé la Lorraine en 1868 et 1869

Pourquoi, en pleine nuit, dans le dortoir du petit séminaire de Pont-à-Mousson, Théophile Jeanson, dix-huit ans et demi, a-t-il tué le garçon de seize ans et demi qu’il aimait  ? Par dépit amoureux ? Par jalousie ? Dans un moment de pure folie engendrée par la violence de l’incendie qu’il avait lui-même allumé ? Était-il sincère dans les déclarations déconcertantes qu’il fit après son arrestation ?

Cette affaire, qui jeta l’effroi et la consternation dans toute la Lorraine, déchira les experts de l’époque. L’intelligence, les capacités d’analyse du meurtrier, la formulation étrange de ses regrets nourrirent la controverse qui demeure un cas d’école en médecine légale, cas exposé ici pour la première fois dans son intégralité.

Une criminelle expertise : l’affaire Jeanson, ouvrage de 150 pages signé Jean-Claude Féray, paraîtra au début de février prochain.

Meilleurs voeux

Jamais l’humanité n’aura eu aussi hâte de tourner la page vers une année nouvelle, avec l’espoir d’un changement positif. Bonne année 2021 à tous nos lecteurs ainsi qu’à tous ceux qui visitent notre site !

Joyeux Noël

Cette enluminure du XVe siècle provient du livre d’Heures à l’usage de Rouen (Source: www.rotomagus.fr / Bibliothèque municipale de Rouen). Nous l’avons choisie pour souhaiter à nos lecteurs et aux visiteurs de ce site un
police-kaiserzeit-gotisch
NB : la police de caractère gothique provient du site TypOasis.

Retour sur Georges Hérelle

Georges Hérelle jeune En 1930 parut une Histoire de l’amour grec dans l’Antiquité signée L.-R. de Pogey-Castries. L’auteur, extrêmement érudit sur la question de l’homosexualité, se signala à l’attention des écrivains intéressés par le sujet, comme Gide et Montherlant. Gide, on le sait, s’adressa à lui pour des éclaircissements sur la pédérastie au moyen-âge, et Montherlant désira le rencontrer : la rencontre eut lieu lors d’un passage de ce dernier au pays basque.
L’auteur de l’Histoire de l’amour grec avait de multiples raisons d’utiliser un pseudonyme : il était connu pour de nombreux autres travaux, et notamment pour ses traductions de Gabriele d’Annunzio : il s’agit du professeur Georges Hérelle.
Vers la fin de sa vie, Georges Hérelle mit de l’ordre dans ses papiers et songea à léguer sa bibliothèque et ses archives. La plus grande partie de ce legs se trouve aujourd’hui à la médiathèque de Troyes-Champagne, dont le contenu (fonds Hérelle) peut être exploré en ligne.
En 2005, J’ai eu l’occasion d’étudier les manuscrits d’Hérelle, et j’ai choisi de retranscrire un document de cet érudit qui éclairait parfaitement la situation psychologique et morale d’un homosexuel de l’époque, conscient de ses goûts. Ce document inédit a été publié dans la revue Inverses en 2007. J’en propose aujourd’hui la version numérisée pour les visiteurs du site Quintes-feuilles :
Effets moraux – Jugement du pédéraste sur lui-même
Et pour les lecteurs qui ne connaîtraient pas Georges Hérelle, je mets en ligne également la présentation de cet écrivain polygraphe et érudit que j’avais publiée dans ce même numéro de la revue Inverses :
L.-R. de Pogey-Castries, l’autre visage du savant Georges Hérelle (1848-1935)

Jean-Claude Féray

An English translation of « Le Secret de Geri »

 

In order to allow non-French speaking readers to discover a historical text, considered to be the first gay novel of modern times (all languages combined), Quintes-feuilles had Le Secret de Geri translated.

Published in 1876, Geri’s Secret tells the true story of two highly sensitive teenagers in a Swiss Catholic school. Its author was twenty years old when he gave his account of what he had just experienced.

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