Faut-il s’en réjouir ?

L’Union Internationale des Éditeurs (en anglais IPA = International Publishers Association) qui avait créé, en 2005, un prix bisannuel pour défendre la liberté d’expression (et dont le lauréat a quelquefois été très contesté), a décidé de rendre ce prix annuel et de l’appeler l’IPA Prix Voltaire. Faut-il s’en réjouir ? On peut penser a priori que cette décision est positive, dans la mesure où elle témoigne de la volonté de lutter contre un accroissement des atteintes à la liberté d’expression. Malheureusement, quand on sait ce que valent les prix (de toute nature et de tout prestige) il est à craindre que celui-là ne représente qu’un moyen supplémentaire d’un groupe de pression pour faire valoir son opinion contre un autre groupe de pression. Telle n’est pas notre conception de la liberté d’expression ni des moyens pour la défendre.

Bonne année à tous nos lecteurs !

2017Pour marquer sous de bons auspices l’entrée en 2017, nous proposons un Bulletin Q-F hors-série consacré au thème de la censure, de l’auto-censure et la résistance à la censure. Ce thème nous a été suggéré par l’auto-censure mal justifiée de photographies de « p’tits Suisses en culottes courtes ». Explication dans le bulletin.
Hors-série Taille du fichier : 10,5 Mo.

Faites-nous part de vos réactions au contenu de ce Bulletin hors-série (info@quintes-feuilles.com) : comment percevez-vous cet écart par rapport à la ligne éditoriale de Quintes-feuilles ? Vos réactions (dont l’anonymat sera respecté) seront analysées, s’il y a lieu, dans le premier Bulletin trimestriel Q-F de 2017 à paraître le 15 février prochain.

Joyeuses fêtes !

JoyeuxNoel

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Les éditions Quintes-Feuilles se font une joie de sacrifier à l’usage en souhaitant aux visiteurs de ce site et à tous les amateurs de bons livres d’heureuses fêtes de fin d’année.

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Bulletin trimestriel n°4

Pour-BMQ-F4

Sommaire du BTQ-F4 :

[Ethnopsychiatrie] – La maladie des Scythes, préfiguration d’un mélange des genres sauce LGBT.

[Sociologie de l’enfance] – Un scugnizzo, des scugnizzi.

[Edition et histoire de l’homosexualité] – La « Bibliothek rosa Winkel » a fêté son quart de siècle.

[Illustrations et Littérature] – Deux illustrations de Gaston Goor pour Tonio Kröger de Thomas Mann.

[Histoire et littérature] – Ce que les cahiers intimes d’Amédée Guiard révèlent sur Maurice Pujo.

[Sculpture et littérature] – Addition concernant Le Vainqueur d’Adolphe Martial Thabard.

Le recueil de nouvelles de Prime-Stevenson « Toutes les eaux… » est paru

Toutes-les-eauxCouv
Voir sa page de présentation dans le catalogue ici

Dans la carrière de journaliste qu’a d’abord menée Edward Prime-Stevenson aux États-Unis, les articles de critique musicale et les nouvelles ont occupé le premier rang. C’est une donnée un peu occultée aujourd’hui. Deux ouvrages touchant à l’homosexualité (un roman Imre et un essai encyclopédique The Intersexes) qu’il a publiés en Europe, en sauvant son nom de l’oubli, ont aussi fait écran et rejeté le reste de son œuvre en arrière plan.

Pourtant, les savants regroupés autour de Magnus Hirschfeld avaient repéré plusieurs nouvelles de Prime-Stevenson en raison de leur tonalité clairement « uraniste », et en avaient fait des recensions dans le célèbre annuaire allemand (Jahrbuch für sexuelle Zwischenstufen).

Ce sont cinq de ces nouvelles traduites en français qui sont présentées dans le recueil Toutes les eaux…
Il s’agit de :
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Réflexion sur les suicides de Paul-Alexis et du frère Philippe Dockwiller : pourquoi il est légitime de les rapprocher, malgré le fossé qui sépare ces deux personnalités.

Aujourd’hui, 20 septembre 2016, est le premier anniversaire de la mort de Paul-Alexis, qui a mis fin à ses jours, à l’âge de seize ans, après avoir été « dénoncé » parce qu’il avait exposé sur un « forum pédophile », en toute innocence et en toute inconscience, les photos banales (commentées avec humour et sans grivoiserie) d’un camp scout auquel il avait participé. J’ignore presque tout de cette affaire, hormis l’essentiel : que Paul-Alexis avait déclaré n’avoir plus la force de lutter ; il avait annoncé vouloir mettre fin à ses jours en commençant son ultime message par : « Ça y est, c’est fini, ils ont gagné ». J’ai pu vérifier, grâce à un article nécrologique, la réalité de ce suicide.
Rapprocher son cas de celui du père Philippe Dockwiller est osé, aussi dois-je m’empresser de souligner une énorme et incontestable différence entre les deux personnalités. Philippe Dockwiller était Lire la suite

Addition et correctif à l’article concernant « Le Vainqueur » de Thabard

Thabard(Addition)Sur les indications d’un lecteur qui est un amateur d’art éclairé, nous publierons dans le Bulletin trimestriel Q-F n° 4 à paraître le 15 novembre prochain, une addition concernant la sculpture Le Vainqueur d’Adolphe Thabard. Cet article correctif apportera en même temps des informations complémentaires sur l’œuvre de ce statuaire encore peu connu.

Réflexion à chaud après le suicide du frère Philippe Dockwiller

Je ne connaissais pas le frère Philippe Dockwiller. Je renvoie à la page du site des éditions de la Licorne qui le présentent, page qui plaide en faveur de ses qualités morales et intellectuelles :

http://www.editionsdelalicorne.com/page90.html

Je sais que le suicide est, pour tout croyant, quelle que soit sa religion, un acte grave, un péché. Cela donne une mesure du désespoir du frère Philippe Dockwiller, de l’intensité de l’accablement qui l’a poussé à franchir cette ligne irréversible. J’éprouve une grande pitié non seulement pour cet homme, mais pour les parents du garçon qui ont porté plainte contre lui, et pour ce garçon lui-même : je préfère ne pas imaginer ce qui se passe dans sa tête après le suicide du prêtre qu’il a accusé.

Loin de moi la volonté de minimiser et encore moins de nier le traumatisme que peuvent engendrer chez un jeune garçon des gestes, des spectacles, ou des réflexions déplacées. Mais la société ne prend-elle pas une part considérable dans ce traumatisme, ne l’accroît-elle pas si, au lieu d’en réduire la portée en tenant un discours apaisant, elle procède à de véritables campagnes culpabilisantes qui noircissent à outrance l’âme de prétendus « corrupteurs » ? Et dans ces tristes campagnes de presse, l’Église joue-t-elle son rôle en aboyant avec les chiens ?

Jean-Claude Féray

Bulletin trimestriel n° 3

Sommaire du Bulletin trimestriel n° 3 de 2016 BTQ-F3

Pour BTQ-F3

[Sculpture] – À propos du Vainqueur de Thabard : un horrible contresens à éviter absolument.

[Histoire de la psychiatrie et de l’homosexualité]Des Aberrations du sens génésique (1880) de Paul Moreau de Tours.

[Histoire de la psychiatrie et de l’homosexualité] – Le premier Prix Moreau de Tours : candidature malheureuse de la thèse de Julien Chevalier sur l’inversion de l’instinct sexuel.

[Littérature] – Achille Clarac (Saint Ours), un écrivain plus que méconnu : injustement ignoré.

[Mythologie grecque] – Une parabole morale pédérastique : Promachus et Leucocomas [Mythe recomposé par Andrew Calimach].

[Romans « gay » classiques]Imre d’Edward I. Prime-Stevenson enfin traduit en français.

Notice biographique sur Julien Chevalier (1860-1943) revue et corrigée

L’un des articles du Bulletin trimestriel Quintes-feuilles n° 3 (à paraitre au milieu du mois d’août prochain) traitera de la candidature de la thèse de Julien Chevalier au prix Moreau de Tours. Ce prix venait tout juste d’être créé, et le concours était ouvert pour la première fois. Trois thèses y furent présentées, dont celle de Chevalier sur « l’inversion sexuelle ». Rappelons qu’il s’agit de la première thèse médico-légale de l’histoire moderne sur l’homosexualité (1885). L’argumentation par laquelle cette thèse ne reçut pas même un encouragement au prix Moreau de Tours présente l’intérêt d’exposer la première manifestation d’une opposition radicale entre deux écoles : l’école neuro-psychiatrique parisienne dominée par Jean-Martin Charcot (1825-1893) et l’école d’anthropologie criminelle créée par Alexandre Lacassagne (1843-1924).

Cet article du BTQ-F n° 3 justifie une révision de ma notice biographique sur Julien Chevalier publiée en 2000 dans la revue Capri, Zeitschrift für schwule Geschichte (n° 29, pp. 21-22).

Je remercie à cette occasion et Mme Marijo Donnadieu, co-présidente du cercle généalogique romanais, et Mmes Bernard et Feugier du même cercle, pour leur collaboration. En explorant notamment la généalogie de Julien Chevalier sur plusieurs générations, elles ont démenti l’hypothèse que j’avais formulée d’un possible lien entre ce médecin militaire et les différentes notabilités de la ville de Romans portant le patronyme de Chevalier. Je remercie aussi le Dr Jean-Paul Luauté, de Romans, qui m’a mis en relation avec le cercle généalogique romanais pour cette recherche. En outre, Mme Marijo Donnadieu a fait ressortir un détail qui n’est pas sans intérêt en raison du discours psychiatrique de l’époque sur l’homosexualité et des théories de la dégénérescence alors en vogue, ainsi qu’en raison du choix de la carrière de Julien Chevalier : l’acte de mariage, en 1854, des parents de Julien Chevalier précise que la mère de l’époux est absente et dans l’impossibilité d’exprimer son consentement, en raison d’un internement en maison de santé pour maladie mentale.

Julien Chevalier Notice biographique

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