Il est des morts que l’on ne doit pas oublier

20 septembre 2020.

Cinq ans déjà…

Ils ne meurent pas à l’heure qu’ils descendent dans la terre, mais à mesure qu’ils descendent dans l’oubli.                                          

Maurice Maeterlinck

Bulletin trimestriel Q-F n°20

Sommaire du BTQ-F 20  (22,3 Mo)

[Dynasties et mœurs] – Un procès en interdiction : Alphonse de Chateaubriant contre ses parents.

[Lexicographie, orthographe] – Napoléon Landais et le mot Quintes-feuilles.

[Reliquats du Second Empire] – Retour sur Alfred Lutteroth.

[Paidérastie et psychiatrie] – Un autre cas d’expertise psychiatrique identifié : le « cas Roubinovitch et Borel » (1913).

[Littérature] – Une des pages les plus émouvantes d’Alfred de Vigny.

[Recension] Une bibliothèque gay idéale. L’Harmattan, 2020.

 

Informations complémentaires sur Joseph Charrier

Jean-Marc Barféty, très féru de généalogie et très pointu dans ses recherches (j’invite les lecteurs à se plonger dans son Histoire familiale de Jean Genet), a bien voulu explorer les archives d’État-civil pour retrouver des données qui m’avaient fait défaut dans mes recherches sur la famille Joseph Charrier père – Claudine Legall (ou Le Gall). Et il m’a aimablement communiqué les informations suivantes :

En premier lieu, il a retrouvé l’acte de mariage du couple, à Marseille : Joseph Charrier père et Marie Claudine Le Gall se sont mariés le 8 juin 1843 (acte n°299). Cela nous permet d’apprendre que Claudine Le Gall était bien, comme son nom le suggérait, originaire de Bretagne, et plus particulièrement de Saint-Pol de Léon, dans le Finistère. Elle y est née le 23 août 1818. Elle était la fille d’un fabricant de chandelles décédé en 1833.

En second lieu Jean-Marc Barféty a retrouvé l’acte de décès de Claudine Le Gall, morte à Constantine le 11 mai 1898, à l’âge de 80 ans. Claudine Le Gall, veuve depuis 18 ans, avait par conséquent survécu trois ans à la mort de son dernier fils, Joseph Charrier, sujet de notre étude. Sans doute n’a-t-elle pas été informée de cette mort.

Un autre détail est apporté par la fiche matricule militaire de Joseph Charrier : le « vol idiot » dont Le Dr Lucien Raynauld parle dans son expertise ( p. 440, bas) commis par Joseph Charrier semble avoir fait l’objet de deux jugements successifs du tribunal correctionnel de Constantine : le 2 novembre 1889 pour abus de confiance et le 29 novembre 1889 pour vol simple.

Je profite de ce complément pour corriger quelques coquilles du BQF-HS9 :

p. 6 : Joseph Charrier père est mort le 10 mai 1880 (et non 1849)

p. 6 Joseph Charrier grand-père était ardéchois et non ariégeois (né à Aubenas)

p. 17 lire 1898 au lieu de 1908 (« en publiant en 1908 la lettre de Joseph Charrier »).

Bulletin Hors-série n°9

Comme annoncé, le Bulletin Q-F hors-série n° 9 est consacré au Français d’Algérie qui a fait l’objet d’un rapport d’expertise psychiatrique par les docteurs Pacotte & Raynaud, d’Alger, en 1895.

Identifier le paidéraste décrit sous X… par Pacotte et Raynaud répondait à deux objectifs :

1°) Connaître son sort après son internement à l’asile d’aliénés d’Aix-en-Provence et examiner plus sérieusement sa condition mentale, grâce aux données que la loi de 1838 fait obligation d’enregistrer pour chaque patient interné.

2°) À la lumière de ces données, permettre un jugement sur le rapport des deux médecins en le replaçant dans son contexte : l’état de la psychiatrie dans l’Algérie coloniale à la fin du XIXe siècle.

Le  paidéraste examiné par les docteurs Pacotte & Raynaud s’appelait Joseph Charrier.

Notre exposé comporte les quatre paragraphes suivants :

1 – Faits, acteurs, contexte.

2 – Un autre regard sur ce que le rapport nomme « Antécédents héréditaires ».

3 – Psychologie de Joseph Charrier notamment dans ses interactions avec les médecins.

4 – Destin de Joseph Charrier après le rapport d’expertise Pacotte & Raynaud

Par ailleurs, le bulletin fournit une notice biographique sur les médecins François Pacotte ; Lucien Raynaud ; Charles Trabut ; Eugène Battarel ; Joseph Levet ; Paul Gérente ; Édouard Dauby ; Abel Meilhon ;  François-André Chevalier-Lavaure.

Le Bulletin h-s n°9 avec illustrations est un fichier PDF de 17, 3 Mo.
Pour les lecteurs dont l’accès au réseau Internet est lent, nous proposons le bulletin sans illustrations, beaucoup moins lourd : 524 Ko.
Bulletin h-s n°9 (avec illustrations)
Bulletin h-s n°9 texte seul (sans illustrations)

Le « cas Pacotte & Raynaud » enfin identifié et sa fin tragique révélée

En 1895, les Drs Pacotte et Raynaud publièrent dans les Archives de l’Anthropologie criminelle l’expertise médico-légale d’un cas de « paidérastie » extrêmement intéressant à plus d’un titre.

En premier lieu, ce cas amena R. von Krafft-Ebing à penser que sa « description princeps » de la pédophilie hétérosexuelle qu’il nomma paidophilia erotica avait une contrepartie homosexuelle (et en l’occurrence rigoureusement homosexuelle).

En second lieu, l’observation des deux experts Pacotte et Raynaud concerne un homme intelligent et éduqué, un «  littéraire », qui tenta de plaider, pour son cas, l’irresponsabilité pénale, soulevant ainsi un débat sur lequel Claude-François Michéa s’était exprimé relativement à François Bertrand (le « sergent nécrophile ») : vaut-il mieux être condamné par la justice comme responsable de ses actes, puis reprendre une vie normale après avoir purgé sa peine, ou mener une existence misérable en asile psychiatrique parce que l’on a été tenu pour totalement irresponsable de ses méfaits ?

En troisième lieu, une étude de la vie de ce paidéraste permet d’entrevoir une page de l’histoire coloniale française en Algérie, dans ses aspects médicaux et sociologiques : la famille du « patient Pacotte & Raynaud » s’était installée en Algérie dès les début de cette aventure coloniale, dans la première moitié du XIXe siècle. Or, beaucoup d’études contemporaines examinent l’histoire de la psychiatrie en Algérie coloniale sous l’angle politique, très à la mode, de la mentalité du colonisateur en relation avec un peuple jugé par lui inférieur. C’est dire que le cas d’un Français né en Algérie et traité par des aliénistes français n’intéresse aucun historien contemporain : un motif supplémentaire, pour moi, de me pencher sur le cas de ce paidéraste.

On apprendra par exemple la fondation, en 1893, de la première maison de santé en Algérie, à Saint-Eugène, sur les hauteurs d’Alger, dans la vallée des Consuls, à quelque pas de la fameuse basilique Notre-Dame d’Afrique.

Dans leur rapport médico-légal, les Drs Pacotte et Raynaud ont fourni de nombreux éléments biographiques sur leur patient et sa famille. Ces éléments permettaient d’espérer identifier ce paidéraste afin d’en apprendre davantage sur son histoire après son internement à l’asile d’aliénés d’Aix-en-Provence – dernière information apportée par les médecins dans leur article.

Le rapport des deux experts peut être lu ici.

Afin d’accéder au dossier du « cas Pacotte & Raynaud » interné à l’asile d’aliénés d’Aix-en-Provence, il fallait en premier lieu trouver son identité. Ce n’était pas chose aisée, mais c’est aujourd’hui chose faite, avec certitude.

Le prochain Bulletin Quintes-feuilles hors-série sera consacré à ce paidéraste, poète de l’enfance garçonnière, à la triste existence et à la fin tragique.

Jean-Claude Féray

Bulletin trimestriel Q-F n° 19

Sommaire du BTQ-F 19  (13,5 Mo)

[Histoire des mœurs] – Deux clés de l’enquête de Marcel E. Grancher sur les homosexuels lyonnais dans les années 1930 et une lettre inédite de Renaud Icard d’une grande dignité qui révèle les dessous d’une affaire lyonnaise retentissante.

[Histoire de l’éducation] – Le décor du Secret de Geri : le prestigieux pensionnat Saint-Michel de Fribourg.

[Terminologie et sexologie] – Le désir de ressentir. Par June Bonnemain.

[Argot, mœurs, légendes ] – Les « soupeurs » des pissotières : réalité créée par suggestion ou « légende urbaine » ?

[Jugements littéraires] – Les mots acerbes du pamphlétaire Léon Bloy sur Paul Bonnetain.

 

La découverte des cellules F de l’homosexualité masculine

Couverture de La découverte des cellules F

Qui, aujourd’hui, connaît Eugen Steinach ? Ce savant autrichien, plusieurs fois proposé pour le prix Nobel de médecine, a pourtant connu son heure de gloire autour des années 1920-1930. On lui doit des travaux très estimables en endocrinologie.

On lui doit aussi, malheureusement, deux fourvoiements : une petite opération chirurgicale censée rajeunir le corps de l’homme ; et la « découverte » de Cellules F dans les testicules d’homosexuels. Une « découverte » qui intéressa beaucoup Magnus Hirschfeld, parce qu’elle permettait d’expliquer scientifiquement l’homosexualité masculine.

Ce petit livre (87 pages) retrace une mésaventure scientifique qui ruina la vie d’une bonne poignée d’homosexuels candidats volontaires à un traitement de leur homosexualité.

[Cliquez sur l’image pour accéder à la page de présentation du livre.]

Bulletin trimestriel Q-F n° 18

Sommaire du BTQ-F 18  (16,1 Mo)

[Homosexualité et biologie] – La castration des délinquants sexuels dans les années 1930 : à propos d’un cas de récidive après émasculation totale et les questions que ce cas soulève.

[Sculpture et poésie] – Un poème inédit de Renaud Icard : L’Adieu à l’Age d’Airain.

[Lexicographie] – Le mot pathicus en français et son unique dérivé, pathicisme, occasions d’un avis de recherche : mais qui était donc Aspaïs Jean Benoît BEAU ?

[Nouvelle ] – Les rencontres d’Ornicar.

[Biographie] – Une hypothèse absurde : un « pacte de suicide » pour expliquer la mort dramatique d’Alain-Philippe Malagnac.

NB : les lecteurs qui ont téléchargé le Bulletin trimestriel n° 18 peu de temps après sa mise en ligne doivent savoir que des coquilles ont été corrigées par la suite (merci de ne pas nous en tenir rigueur). La dernière version corrigée date du jeudi 23 avril 2020 (18 h).

Bulletin trimestriel Q-F n°17

Bertrand de LessepsSommaire du BTQ-F 17  (12,4 Mo)

[Histoire des mœurs] – Est-il vrai que les soldats français dormaient à deux dans le même lit, et cela jusqu’à la Restauration, sous Charles X ?

[Libre expression] – D’autres ancêtres à l’andréraste, par June Bonnemain.

[Art du portrait (photographique ou peint)] – Pourquoi le charme d’un portrait d’enfant est décuplé lorsqu’il s’agit d’une photographie ancienne.

[Histoire des mœurs] – Un « grand de Venise » enfermé dans un sac et jeté à la mer pour crime de sodomie en 1773 ?

[Récits de voyage] – De jeunes et jolis garçons farouches au point de devenir meurtriers : témoignage de Jean-Baptiste Tavernier.

1 2 3 13