Achille Essebac

 

Couverture : Dessin de Gaston Goor © Elysium Press

Jean-Claude Féray

Achille Essebac, romancier du désir

Avertissement au lecteur concernant la IIIe partie

J’ai beaucoup hésité avant d’effectuer ces « abrégés » de l’œuvre d’Achille Essebac articulés autour de morceaux choisis. Jean Guitton réprouvait le procédé qui, selon lui, ôterait toute saveur à un livre. « C’est comme si, disait-il avec pertinence, l’on réduisait les aliments en pilules. »

En fin de compte, je me suis résolu à recourir à ce procédé (apparenté à l’art du décorateur qui – toujours selon Guitton – « transforme une fleur vivante en fleur desséchée ») pour plusieurs raisons.

En premier lieu, les romans d’Essebac, très recherchés par les bibliophiles et plutôt rares sur le marché des livres anciens, atteignent des prix élevés, de sorte qu’ils ne sont plus accessibles qu’aux lecteurs fortunés. Jean Guitton lui-même me l’aurait concédé : dans une conjoncture de pénurie alimentaire, les pilules, en raison de leurs qualités nutritives, sont les bienvenues, faute de mieux.

Ensuite, plusieurs sites, sur la toile, se sont livrés à cet exercice ardu qu’est le résumé ou le compte rendu, avec, pour l’un d’eux, l’intention implicite de railler un peu certains romans d’Essebac. Ma présentation rectifiera par conséquent l’impression négative laissée par l’analyse superficielle du site en question.

D’autre part, malgré les apparences, la pratique de ce que les Américains appellent des reader’s digests, relève d’une tradition littéraire très ancienne, familière aux copistes de l’Antiquité ou du Moyen Âge. Un certain nombre de romans grecs anciens (par exemple Les Éphésiaques de Xénophon d’Éphèse) ne nous sont plus connus que sous cette forme, l’original étant perdu. Les techniques de l’ère électronique ne changent en rien les intentions des copistes modernes : ce n’est, pas plus aujourd’hui qu’hier, mépriser l’œuvre que d’en faire une anthologie c’est-à-dire d’en extraire la quinte-essence.

Enfin, dans la mesure où ma sélection et mon découpage sont présentés ici comme résolument subjectifs, je souhaite que le lecteur trouve dans mes condensés une incitation à découvrir dans son entier, sous son propre éclairage, au moins une œuvre qu’il aura préférée. Souvenons-nous qu’un bon lecteur est toujours co-auteur du livre qu’il lit.

 


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