L'arcane Indien


L’Arcane Indien (Récit apocryphe)

2002 – 196 pages – 14×22.5cm – 22 € – ISBN : 2-9516023-1-6

De deux choses l’une : ou bien ce document est authentique, ou bien il s’agit d’un faux. Dans la première hypothèse, on peut dire que le texte a eu deux auteurs successifs : un Franco-Portugais d’abord, un traducteur français ensuite. Celui-là a raconté en langue portugaise son étrange aventure, vécue à la fin du XVIIIe siècle en Inde. Celui-ci, un capucin qui séjourna également en Inde, au siècle suivant, ne s’est pas contenté de traduire le document original : il l’a sans doute enrichi, ne serait-ce que par son style, très personnel.

Dans le second cas de figure, c’est-à-dire si ce texte est un faux, alors on peut l’envisager comme un roman anonyme, passionnant, ahurissant même par certains de ses aspects. L’hypothèse d’une tentative de mystification ne diminue en rien l’intérêt du récit publié ici, ni l’agrément que procure sa lecture.

Apollinaire, le narrateur, né à Pondichéry de mère française, retourne en Inde afin de sauver, grâce aux appuis ecclésiastiques dont il dispose à Lisbonne, son ami Joham accusé à tort, par le Saint Office de Goa, du péché innommable. À partir de là commencent des péripéties étonnantes, qui l’obligent à traverser une partie du sud de l’Inde, à pied, à cheval ou en palanquin. La part sentimentale et sensuelle de ces aventures, centrée sur les garçons, n’est pas la moins surprenante du livre : le narrateur donne en particulier de sa liaison amoureuse avec un jeune Danois de Tranquebar une analyse bouleversante. Le rôle mystérieux que prend, dans la destinée des personnages, un objet antique (une canne à pommeau d’ivoire provenant de Cochinchine) donne à ce récit une allure fantastique sans rien lui ôter, pourtant, de sa crédibilité. L’histoire ne se déroule-t-elle pas sur un sol qui a – dit-on avec quelque raison – inspiré toutes les religions de la terre sinon tous les mysticismes ?


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