Mon coeur, de ton visage




Pierre Fuzel

Mon coeur, de ton visage, n’a pu oublier la douceur

2011 – 175 pages – 14.5x21cm – 20 € – ISBN : 978-2-9532885-5-1

Les héros de ces récits, qui ont entre dix et quinze ans et se consument d’amour, ont tous réellement existé. Certains d’entre eux vivent sans doute encore aujourd’hui.

Nous sommes à la fin de la Seconde Guerre mondiale ou juste après. L’Europe, plongée dans l’horreur, tente de survivre. Néanmoins, le cadre des cinq nouvelles de ce recueil est, lui, hautement privilégié : un petit pays encerclé par les belligérants, mais préservé des folies de la guerre par sa neutralité. Les adultes y connaissent une relative quiétude. Ils s’ingénient à ne rien dramatiser en présence des enfants. S’ils affrontent l’austérité, ils épargnent à ceux-ci les ennuis et les discussions d’argent : ils auraient honte à les évoquer devant eux. Il en va de même pour tout ce qui touche au corps et au sexe : les enfants font leurs propres découvertes, en l’absence de recommandations, d’interdits rigoureux ou de manipulations. Ils se montrent respectueux des expériences sensuelles de leurs camarades, et méprisants à l’égard des délateurs. L’exceptionnelle maturité qui caractérise leur comportement et leurs réflexions tient peut-être à la singularité de leur condition et à la forme de liberté dont ils jouissent.

Si étonnantes que puissent paraître les aventures racontées ici, elles se sont pour la plupart réellement déroulées selon le scénario décrit par l’auteur. En donnant une forme littéraire à des faits, parfois dramatiques et bouleversants, qui sont bien advenus dans son enfance, l’auteur nous fait ressentir la profonde humanité des passions amoureuses de cet âge et nous les fait respecter.

Pierre Fuzel avait dix ans en 1944. Dire de lui qu’il est un tout jeune écrivain n’est en rien paradoxal : sa plume brillante, comme la vivacité de ses souvenirs, le démontrent. Mon cœur, de ton visage, n’a pu oublier la douceur est son premier livre.