Notice biographique sur Julien Chevalier (1860-1943) revue et corrigée

L’un des articles du Bulletin trimestriel Quintes-feuilles n° 3 (à paraitre au milieu du mois d’août prochain) traitera de la candidature de la thèse de Julien Chevalier au prix Moreau de Tours. Ce prix venait tout juste d’être créé, et le concours était ouvert pour la première fois. Trois thèses y furent présentées, dont celle de Chevalier sur « l’inversion sexuelle ». Rappelons qu’il s’agit de la première thèse médico-légale de l’histoire moderne sur l’homosexualité (1885). L’argumentation par laquelle cette thèse ne reçut pas même un encouragement au prix Moreau de Tours présente l’intérêt d’exposer la première manifestation d’une opposition radicale entre deux écoles : l’école neuro-psychiatrique parisienne dominée par Jean-Martin Charcot (1825-1893) et l’école d’anthropologie criminelle créée par Alexandre Lacassagne (1843-1924).

Cet article du BTQ-F n° 3 justifie une révision de ma notice biographique sur Julien Chevalier publiée en 2000 dans la revue Capri, Zeitschrift für schwule Geschichte (n° 29, pp. 21-22).

Je remercie à cette occasion et Mme Marijo Donnadieu, co-présidente du cercle généalogique romanais, et Mmes Bernard et Feugier du même cercle, pour leur collaboration. En explorant notamment la généalogie de Julien Chevalier sur plusieurs générations, elles ont démenti l’hypothèse que j’avais formulée d’un possible lien entre ce médecin militaire et les différentes notabilités de la ville de Romans portant le patronyme de Chevalier. Je remercie aussi le Dr Jean-Paul Luauté, de Romans, qui m’a mis en relation avec le cercle généalogique romanais pour cette recherche. En outre, Mme Marijo Donnadieu a fait ressortir un détail qui n’est pas sans intérêt en raison du discours psychiatrique de l’époque sur l’homosexualité et des théories de la dégénérescence alors en vogue, ainsi qu’en raison du choix de la carrière de Julien Chevalier : l’acte de mariage, en 1854, des parents de Julien Chevalier précise que la mère de l’époux est absente et dans l’impossibilité d’exprimer son consentement, en raison d’un internement en maison de santé pour maladie mentale.

Julien Chevalier Notice biographique