Notre cadeau de Noël : un conte d’Abel Hermant, Le Zitello

Saint-Sébastien par Nicolas RégnierL’œuvre d’Abel Hermant est si abondante que les trésors qui sont susceptibles d’intéresser le public de Quintes-feuilles s’y trouvent dispersés et difficilement repérables. Ces trésors existent néanmoins et ne sont pas négligeables. La nouvelle intitulée Le Zitello (zitello signifie garçon en italien) en fournit un exemple.

Bien qu’elle ait paru en 1892, il semble que cette nouvelle ait échappé aux bibliographes du « Comité Scientifique humanitaire » allemand – source des principales bibliographies concernant l’homosexualité apparues depuis. Le thème homosexuel du Zitello y est pourtant clair : on y trouve un éloge appuyé de la beauté des adolescents, thème enchâssé de surcroît dans un fond très exploité en peinture, sculpture, littérature et même en musique (cf. Debussy) : le martyre de Saint-Sébastien. On sait que saint Sébastien est souvent qualifié « d’icône gay », une étiquette qui n’existait pas à l’époque du Zitello et qui aurait sans doute déplu au styliste impeccable que fut Abel Hermant.

Signalons que la dimension quelque peu mystique de ce conte représente une exception dans l’œuvre d’Abel Hermant : plutôt agnostique – de tempérament, peut-on dire –, il se méfiait des religions et les tenait à distance, au moins dans son œuvre. Ce n’est qu’à la fin de sa vie, s’il faut en croire le témoignage de Simon Arbellot, qu’Abel Hermant a retrouvé le chemin des églises et a cherché « un compromis avec Dieu lui-même ».

Nous sommes heureux d’offrir pour Noël ce pur joyau, ce conte riche en symboles, à nos lecteurs ainsi qu’aux visiteurs de notre site.

Le Zitello (6,4 Mo)