Réflexion à chaud après le suicide du frère Philippe Dockwiller

Je ne connaissais pas le frère Philippe Dockwiller. Je renvoie à la page du site des éditions de la Licorne qui le présentent, page qui plaide en faveur de ses qualités morales et intellectuelles :

http://www.editionsdelalicorne.com/page90.html

Je sais que le suicide est, pour tout croyant, quelle que soit sa religion, un acte grave, un péché. Cela donne une mesure du désespoir du frère Philippe Dockwiller, de l’intensité de l’accablement qui l’a poussé à franchir cette ligne irréversible. J’éprouve une grande pitié non seulement pour cet homme, mais pour les parents du garçon qui ont porté plainte contre lui, et pour ce garçon lui-même : je préfère ne pas imaginer ce qui se passe dans sa tête après le suicide du prêtre qu’il a accusé.

Loin de moi la volonté de minimiser et encore moins de nier le traumatisme que peuvent engendrer chez un jeune garçon des gestes, des spectacles, ou des réflexions déplacées. Mais la société ne prend-elle pas une part considérable dans ce traumatisme, ne l’accroît-elle pas si, au lieu d’en réduire la portée en tenant un discours apaisant, elle procède à de véritables campagnes culpabilisantes qui noircissent à outrance l’âme de prétendus « corrupteurs » ? Et dans ces tristes campagnes de presse, l’Église joue-t-elle son rôle en aboyant avec les chiens ?

Jean-Claude Féray