Un commentaire au sujet du « précédent nazi » des attaques contre l’Église.

Un lecteur anonyme m’a fait parvenir le commentaire suivant au sujet de mon précédent éditorial sur les Klosterprozesse (procès contre les monastères) :

Paolo Morando - St Jean (détail)

« Votre présentation me paraît globalement très claire, même si j’apporterais personnellement quelques nuances. Par exemple le déclenchement de l’affaire concernant la congrégation de Waldbreitbach (qui n’a rien à voir avec l’ordre des Franciscains) est dû à la plainte d’un pensionnaire en fuite, arrêté pour un cambriolage, et qui, pour ne pas retourner dans l’établissement, a fait des confidences aux policiers. La Gestapo enquêtait par ailleurs sur la question des devises.
Le père Léogivild, confesseur auprès de cette congrégation, a bien été condamné. C’est même la condamnation la plus lourde prononcée : 8 huit ans de prison. Il a été aussi exclu de son ordre. Sa culpabilité, au sens des § 174 et 175 de l’époque, ne fait d’ailleurs pas de doute.
De manière générale, la justice allemande a été impartiale dans ces affaires (d’où un grand nombre de classements sans suite sur les dossiers apportés par le parquet spécial aux mains de la Gestapo) et n’a pas cédé à la pression du parti nazi et des services de Goebbels.
La principale ressemblance avec les affaires actuelles est l’instrumentalisation par Goebbels de ces affaires contre l’Église et la tentative d’en susciter d’artificielles. Avec le même discours qu’on entend aujourd’hui chez certains…
Le seul ouvrage sur la question, à ma connaissance, est celui de Hans Günter Hockerts, qui date du début des années 70. Il a notamment pu rencontrer des témoins et a eu accès aux archives.
»

Merci à ce lecteur pour les précisions très utiles qu’il a apportées.

Illustration : saint Jean-Baptiste par Paolo Morando (détail d’un tableau représentant la Vierge et l’enfant Jésus avec saint Jean et un ange).